lundi 3 septembre 2012

Une aventure au féminin


Avait lieu les 1er et 2 septembre la compétition nationale de rugby féminin, 1ère et 2ème division, c’est la seule occasion que l’on a dans l’année de jouer avec nos féminines. Mes féminines dont l’équipe existe depuis maintenant 3 ans avaient terminé l’an passé à une pauvre 9ème position en seconde division ce qui équivaut à une des dernière équipe du pays...

Je suis arrivé il y a un an et depuis je m’occupe avec Kuldeep d’elles. J’ai essayé de rester simple dans ce que je leur demandais en insistant sur la logique de jeu et la simplicité. Donc pendant toute l’année on a travaillé dur, certaines se sont blessés, d’autre ont pleuré, toutes ont sué et parmi elles, aucune n’a pas progressé.

Donc une semaine avant la compétition j’ai donné une sélection de 10 joueuses qui allaient partir dans l’Orissa pour participer à la compétition nationale et essayer de faire mieux que l’année passée, mais surtout vivre une expérience rugby qui les changera assurément de leur quotidien.


Le départ se faisait en train le jeudi matin pour les filles qui étaient accompagnées de William (un joueur de l’équipe) qui a fait office de manager. Personnellement, ce n’est pas très « club » mais j’y suis allé en avion le vendredi soir pour pouvoir avoir plus de temps pour préparer la compétition avec les hommes qui se profile la semaine prochaine.


Donc le vendredi soir, je retrouve les filles et William dans notre « logement » qui est au même endroit qu’en janvier quand j’étais venu avec mon équipe B pour disputer la seconde division masculine : dortoir et salle de bain commune pour toute l’équipe, matelas en polystyrène de 3cm d’épaisseur et moustiques à gogo !

Immédiatement, je vais à la réunion des coachs où je retrouve des visages connus dont Nasser Hussein le fameux capitaine de l’équipe d’Inde qui travaille pour l’IRFU… Là je découvre le « tirage », on est 9 équipes dans la division 2, réparties en 3 poules, les équipes à l’issus des matchs de poules seront classées de 1 à 9, les rangs 8 et 9 feront un match de barrage et le vainqueur complètera le tableau final des quart de finale. Dans notre poule on retrouve Bangalore qui fait un peu tache dans la division car c’est une équipe de première division qui a 4 joueuses de l’équipe d’Inde mais vu qu’elles n’étaient pas présentes l’année passée, elles ont été mise en 2nde division, donc en plus de ce gros poisson, on se retrouve avec Uttarakhand qui est une région indienne où là filles jouent au rugby depuis… 10 jours !

Retour avec les filles, je les briefe,  j’établie les règles du groupe et annonce le programme de la journée suivante. L’ambiance est bonne, les filles sont contentes d’être là et motivées pour la compétition.

Le réveil théorique le samedi matin était à 7h, certaines filles sont réveillées à 5h… Et biensur comme les garçons ces dernières ne connaissent pas le respect des gens qui dorment et foutent un sacré bordel à papoter et faire des aller/retours dehors.  Bref, à 7h tout le monde émerge, on va déjeuner et ensuite se préparer, match à 9h20 contre Uttarakhand.


Même si je sais que c’est une équipe à notre portée, je veux quand même nous rassurer et je mets une grosse équipe pour jouer, les filles sont concentrée, l’échauffement est studieux, j’insiste comme depuis plusieurs jours sur la notion de groupe, de jouer toutes ensembles. Résultats : elles me font un match très propre contre une équipe qui ne connaissait pas le sport il y a dix jours, c’est normal vous me direz, mais elles jouent ensemble et ne rentre pas dans la facilité. Cela me permet de donner du temps de jeu à toute et économiser mes cadres, score final 44-0 (qui restera le plus gros score de la compétition les deux divisions confondues).


Prochain match à 15h, j’envoie mes joueuses se reposer. Pendant ce temps, j’arbitre 2-3 matchs et sympathise avec les différentes équipes encourageant les jeunes filles et discutant avec les coachs.

14h, je retrouve les filles pour notre finale du jour, elles rentrent vraiment bien dans leur préparation, c’est un match particulier pour moi car c’est mon ancien club et d’autant plus pour Rani de mon équipe car elle jouait encore là-bas il y a 3 mois et elle s’est décidé au dernier moment de jouer avec nous. Bangalore a battu Uttarakhand 39-0 et comme je l’ai dit plus haut fait figure de favorite de la division 2. Mes filles que j’ai bien préparé et remonté, me sortent un super match, marquant de super essais collectifs, on menait 15-0 quand j’ai fait tourner mon effectif, les filles de Bangalore marquant un essai tardif, le score final est de 15-5. Nous sommes classé première équipe à l’issu des poules, tout le monde est surpris de notre niveau et les filles sont folles de joie, on se prend à croire à une victoire finale…

On finit la journée tranquillement jusqu’au dîner.  C’est à ce moment qu’une dispute éclate entre deux filles du groupe, les deux se séparent en pleurant… Alors  en coach soucieux, je veux savoir ce qu’il se passe, je vous avouerais que je n’ai pas tout compris, il y avait une troisième fille dans l’histoire et il y avait une grosse incompréhension car toutes voulaient arriver au même point… Elles ont fini finalement en larme à se serrer dans les bras et à se dire pardon… Bref, tout est bien qui finit bien… On passe le reste de la soirée à faire un petit jeu et à 22h extinction des feux.


Cette fois-ci les filles ont compris et respectent le sommeil des autres. Notre match est à 10h et se fera contre le Rajastan qui a battu Uttarakhand. Etant une équipe modeste, j’en profite pour faire tourner mon objectif et faire jouer les filles qui joueront moins par la suite. J’insiste beaucoup en préparation sur le fait que l’on n’est pas arrivé, tout repart de 0, aujourd’hui c’est un nouveau jour. Malgré cela on fait un match poussif, où chacune veut faire la sienne, elles ne jouent pas ensemble et il y a peu de soutien, on gagne quand même 20-5 mais on perd beaucoup sur ce match, mon ailière titulaire, Priya qui est la fille la plus rapide de l’équipe et qui jusqu’à présent avait marqué 4 essais en 2 matchs s’est blessé assez sérieusement à la cheville…


C’est un gros coup dur pour l’équipe, les filles sont vraiment déçues pour elle mais on a l’espoir que ça aille mieux plus tard dans la journée… On se prépare ensuite à jouer la demi-finale contre l’équipe des Magicians de Bombay, sur ce match pour ne pas reproduire les erreurs du précédent je demande aux filles de jouer ce match pour les autres, pour toutes les personnes autour d’elle,  je les sermonne qu’elles n’ont pas le droit de jouer seule ou de laisser une copine toute seule. Le match est très appliqué, de sorte que les filles de Bombay n’ont pas touché une balle de la mi-temps, cependant on ne mène que 5-0 car on s’applique trop et on n’est pas tranchant, je règle un peu la mire en seconde période et on atteint la finale en gagnant 22-0, finale que l’on jouera contre… Bangalore!

Hélas Priya ne se remet pas de sa blessure qui même commence à gonflé, j’espère que ce n’est pas trop grave… Cette nouvelle touche énormément les filles, qui sont vraiment anéanti pour Priya car si une fille mérite de jouer c’est bien elle car elle est exemplaire aux entrainements et dans le groupe.


C’est sur cette note que j’attaque mon dernier discours avec les filles, et c’est aussi avec émotion que je le fais car c’est mon dernier match avec elles et j’ai une petite pointe au cœur car elles sont vraiment attachantes et sincères. Certaines ont les larmes aux yeux pendant mes mots, mais toutes savent ce qu’elles ont à faire le moment voulu. 


Le match commence de la meilleur des manières, on arrive à mettre les filles du sud de l’Inde sous pression et on parvient à marquer un essai plein de roublardise par notre 9 Babli qui prend un petit côté. L’essai est transformé. Peu avant la mi-temps, sur une balle au large, l’ailière adverse que Priya avait muselé au premier match se sent pousser des ailes et fait marcher sa vitesse pour se retrouver 60 mètres plus loin derrière notre ligne d’en-but… Mi-temps : 7-5. Les filles sont encore dans le match même si je sens que le doute est présent, je leur dit de tout donner. Peu après la reprise, la même ailière refait marcher la poudre et finit sa course de 50 mètre en terre promise : 10-7. C’est alors le tournant du match, suite à une série de pilonnages, Neha arrive à s’extirper d’un plaquage et prend l’intervalle, elle n’a plus qu’à courir les 30 mètres qui la sépare de l’en-but. Mais c’était sans compter sur la défense adverse qui la reprend à 10 de la ligne, le soutien étant en retard, Neha doit lâcher la balle, et sur la même action, le ballon part à l’aile, et notre bourreau du jour, se retrouve 90 mètres plus loin pour nous achever, 15-7, la messe est dite. Priya est en pleure car elle sait très bien que si elle avait était là, l’ailière adverse n’aurait pas autant brillé, mais c’est le sport, la déception ravalée je rassemble les filles et leur dit qu’elles  n’ont pas à rougir, qu’elles ont tout donné et que par rapport à l’an dernier c’est énorme leur marge de progression, et qui plus est, en atteignant la finale, elles accèdent à la 1ère division où elles ont largement leur place.


La finale de la première division est remportée par l’équipe de Pune, qui est assez impressionnante, plusieurs joueuses de l’équipe sont en équipe d’Inde et ça se voit, elles ont une aisance technique, une vitesse d’exécution et une agressivité qui rendrait jalouse plus d’une équipe  masculine dans le pays.

La remise des prix suit la dernières finale, les filles sont contentes malgré tout, elles ont retrouvé le sourire et la cerise sur le gâteau vient quelques minutes après avec l’annonce des sélectionnées pour un camp d’entrainement à l’équipe d’Inde en vue d’un tournoi qualificatif à la prochaine coupe du monde féminine à 7, dans cette liste figurent Namita, Babli, Rani, Neha, Sonam et Priya, excepté pour Rani, c’est la première fois pour chacune d’entre elles, elles sont folles de joie et je les comprends, ça récompense tous leur efforts et sacrifices, et ça récompense le club aussi car avec 6 présélectionnées, c’est les second club le plus représenté derrière Pune !


C’est sur cette bonne nouvelle que je dois quitter les filles pour l’aéroport, retournant sur Delhi le soir même pour pouvoir me préparer pour la compétition masculine qui commence cette semaine.


A ces filles qui ont entre 15 et 23 ans, qui sont toutes étudiantes où lycéennes, qui font 2 fois par semaine 3h de transport en commun pour venir aux entrainements et en repartir, celle-là qui sont parfois en conflit avec leur famille qui ne veulent pas qu’elles pratiquent ce sport , à Babli, Priya, Namita, Rani, Neha, Deepika, Jyoti, Sonam, Sangana, Gohar mais aussi Nivrati, Ria, Vanni, Laxmi et Babita, à ces filles je veux dire un grand Merci car je viens de passer un weekend et une année avec elles qui restera gravé longtemps dans ma mémoire, car elles sont la simplicité et la pureté incarnées, elles ne pensent pas à mal et cherchent simplement à vivre des moments dans l’instant sans arrières pensées seulement être avec des personnes qu’elles aiment et faire des choses qu’elles aiment. Hélas pour la plupart d’entre elles avec l’âge viendra le mariage et elles arrêteront le sport pour s’occuper de la maison, elles vivent dans une société qui ne leur laisse pas beaucoup de choix mais maintenant qu’elles sont jeunes elles en profitent un maximum et ne pensent pas à demain et je pense que c’est ce qu’on doit retenir de cela, profiter des moments que l’on passe avec ceux que l’on aime, à faire ce que l’on aime car demain sera un autre jours, donner sans compter, sans attendre rien en retour et recevoir quand même 10 fois plus.

Je ne sais pas si je suis pour beaucoup pour ce qu’elles sont aujourd’hui au niveau rugby, je ne sais pas si elles n’y seraient pas arrivées sans moi (surement),  si Sonam, Rani, Neha, Namita, Babli ou Priya vont atteindre l’équipe d’Inde, mais je pense avoir réussi à apporter un peu de bonheur à ces filles, et c’est ce qui aujourd’hui me serre le cœur car je serais arrivé à faire quelque chose, à apporter un minimum à ces filles pour qu’elles s’élèvent personnellement et peut-être qui sait arriveront à représenter un jour leur pays !

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lundi 20 août 2012

Le mois de vérité!

Comme évoqué dans un précédent article, j'ai avancé mon départ, ce dernier se fera le 24 septembre. Donc il reste grosso modo un mois avant mon départ, mais quel mois!

Tout d'abord, le 26 août, j'organise un évènement visant tout le monde, à savoir un tournoi de rugby touché qui a pour thème la Coupe du Monde de Rugby, donc pour le moment la Nouvelle Zélande, l'Australie, la France mais plus surprenant, l'Inde, le Mexique et d'autre pays ont déjà enregistré leur participation. J'espère regrouper plus d'une centaine de personnes entre joueurs et non-joueurs, jeunes, anciens, filles et garçons, le but étant de s'amuser et de renforcer la communauté Delhi Hurricanes.

Ensuite, je m'envole le vendredi suivant pour l'Orissa et Bhubaneswar où j'étais déjà allé en janvier pour la compétition nationale de seconde division masculine. Cette fois-ci j'y vais avec les filles qui pendant le weekend du 1er et 2 septembre vont disputer leur seule compétition annuelle, elles sont enregistrées en 2nde division, et je pense que l'on a le niveau pour atteindre la première division en remportant cette compétition.

Rentré le dimanche soir, je repartirais le jeudi, cette fois-ci par les rails en direction de Kolkata (Calcutta) pour disputer le point d'orgue du rugby indien, la seule compétition de "haut-niveau" dans le pays qui se disputera du 8 au 15 septembre: les All India XVs, la compétition nationale de 1ère division qui est depuis mon arrivée mon objectif principal, j'ai pour but de la remporter car je pense avoir un groupe capable de le faire.

Ça fait 3 mois (depuis début juin) que la préparation a commencé avec une sélection progressive passant d'un groupe de 40 joueurs en juillet, à un groupe de 30 en août, la liste finale de 22 sera donnée le jour du tournoi de touché.

Cette liste vous pouvez vous l'imaginer, c'est un vrai casse-tête, tout d'abord de part le nombre de joueurs que je peux prendre: 22, on s'apprête à disputer 4 matchs en l'espace de 9 jours et l'on ne peut avoir que 22 joueurs à notre disposition sans joueurs en réserve en cas de blessure, c'est vraiment stupide mais la fédération n'en fait qu'à sa tête, cependant on est en train de les titiller sur le règlement en leur demandant de nous présenter un exemplaire du règlement officiel de la compétition disant cela, en Coupe du monde où certaines équipes disputent 4 matchs en 3 semaines et demi, les groupes sont de 30 joueurs et nous pour un peu plus d'une semaine et le même nombre de match, on ne peut en avoir que 22, cherchez l'erreur.

Ensuite, un dilemme se pose à moi, comme vous le savez, mi-juin soit il y a deux mois, je me suis blessé au genou: diagnostic indien: rupture du ligament latéral interne, ligament croisé antérieur un peu touché et ménisque endommagé, d'après les médecins indiens, d'abord je ne devais pas me faire opérer, 2 semaines plus tard je devais passer sur le billard, bref, des girouettes, en demandant à un ami kiné qui en a parlé dans son entourage, il m'a dit qu'une rééducation suffisait, donc je ne me suis pas fait opérer et j'ai fait un peu de rééducation (à l'indienne donc doucement doucement) et le temps a passé, et depuis je n'ai pas rejoué. Mais peu à peu je me suis remis à trottiner lors des séances, le genou au fil des semaines tirait de moins en moins, et il se trouve qu'aujourd'hui, la douleur n'a pas disparu totalement, elle persiste un peu avec la fatigue ou quand je sollicite beaucoup les ligaments endommagés, aussi quand je suis en flexion complète (ménisque), mais elle ne m'handicape plus, je peux courir, faire des appuis latéraux (sans pour autant insister trop) et même faire de la presse (15x120kg sans douleur). Après le plus gros handicap reste dans la tête (non non gardez vos blagues), le traumatisme de la blessure est encore là et m'empêche encore de me donner à 100%, mais j'imagine qu'avec un bon strap, cette bride mentale pourrait voler en éclat. 

Donc après ma blessure, logiquement, je me suis sorti de la liste des sélectionnables, et aujourd'hui, plusieurs (quasi-tous) me disent que je dois jouer, car même sur une jambe et sans prétention, l’expérience que j'ai et ma connaissance du jeu me permettent de rester un atout. Là se pose un nouveau problème: dans l'effectif de 22 pour les All India, on ne peut avoir que 4 étrangers (dont deux max sur le terrain)(pour limiter les équipes de mercenaires et encourager la formation indienne (en gros comme la réforme JIFF en France), ce qui a du sens), et dans la liste de 30 j'avais déjà les 4 étrangers: Dave, pilier de 40 ans Néo-Zélandais qui me mène mon 5 de devant de main de maître, Florian, 3ème ligne de 31 ans Français, qui a joué au Mexique et qui a une bonne expérience du rugby, assez mobile et joueur de ballon, Paul, centre australien de 29 ans qui sous ses airs de piliers est assez précieux au centre tel un Bastaraud, il est solide en défense et a une force de pénétration intéressante que l'on avait pas au centre de l'attaque jusqu'à présent (les indiens manquant cruellement de poids), et Fred, français de 28 ans qui joue en seconde ligne, il est le seul seconde ligne de l'équipe poussant correctement en mêlée et a le vice qui est rare ici pour gratter les ballons ou embêter le pilier adverse, mais hélas il est à court de forme, et je crains qu'il ne tienne pas plus de 20-25 minutes à haut niveau sur un match où l'on doit enchaîner les mêlée et jouer sur terrain gras. Donc si je devais prendre la place de quelqu'un ce serait celle de Fred, ça m'embête un peu car cette compétition lui tient à coeur et c'est un ami avant tout, mais aussi parce que j'ai l'impression de faire une sorte d'abus de pouvoir de par ma position en contournant les règles que j'ai moi-même établit (liste des 30 où je n'étais pas), mais en parlant avec divers joueurs pour connaître leur point de vue, ils me disent que dans la mesure où je n'ai pas manqué d’entraînements non plus et que je serais une plus-value à l'équipe, ce n'est pas un abus de pouvoir.

Je ferais mon choix quant à cela après le tournoi de touché dimanche où je me testerai (je ne préfère pas faire de contact si je n'ai pas une protection digne de ce nom pour le genou). Pour le reste de l'équipe j'ai quasiment tous les noms, quelques incertitudes résident et samedi on fait un gros match de sélection et de préparation pour finaliser les choix, pour ce match, je vais essayer de faire venir des gens extérieurs au club (étudiants jouant pour l'équipe du Kashmir mais qui étudient à Delhi, anciens joueurs de l'autre équipe de Delhi), pour que l'on puisse pour une fois avoir des joueurs en face de nous que l'on ne connaisse pas et que l'on puisse se lâcher un peu.

Donc voilà, c'est la dernière ligne droite avant le départ, on va voir sur le terrain si j'ai pu faire de ces joueurs courageux que j'ai rencontré il y a un an, une équipe soudé et qui joue et se fait plaisir sur un terrain de rugby, honnêtement je serais déçu si on ne gagne pas mais il ne faut pas que je m'arrête au résultat, faut que je vois la manière, toutes ces valeurs, cette passion que j'ai essayé de leur transmettre pendant un an, c'est ça que j'aimerai retrouver sur et hors du terrain pendant cette compétition. Que je joue ou pas, ce n'est pas la question, c'est plus une plaisir égoïste qu'autre chose, l'important c'est qu'ils trouvent dans le rugby un moyen de s'exprimer, et qui sait un jour de pouvoir être récompensés de tous leurs investissements.

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vendredi 17 août 2012

Video Pierre à l'édifice

Vidéo sur l'association, faite par la Chivteam, un vraiment bon boulot! En la voyant pour la première fois j'en ai eu les larmes aux yeux revoyant tout ce qui a été fait pour en arriver là, et que finalement tout n'était pas vain! Tant de galères, joie, frustrations pour finalement apporter notre pierre, je suis satisfait de là où l'association est à ce jour, mais je sais qu'on peut faire tellement plus!


La vidéo commence même à tourner sur les sites spécialisés, c'est vraiment génial => Le Rugbynistère.

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vendredi 3 août 2012

Semi-vacances avant de se lancer dans le sprint final.

Le 15 juillet a débarqué dans ma routine indienne mon amie Léna qui est venue me rendre visite et profiter de ma présence en Inde pour découvrir ce pays. Cela m'a donc permis par la même occasion d'enfin faire un peu de tourisme dans ce pays car jusqu'à présent je n'avais rien visité à part les villes où je m'étais rendu pour des tournois de rugby.

Ceci explique en partie mon mutisme relatif ces derniers temps et accessoirement le fait que j'ai un peu ralenti mes activités pendant cette période qui s'est avérée très bénéfique pour le moral et qui m'a permis de me rendre compte de certaines choses.

Pendant la première semaine de sa visite, j'ai montré à mon amie la vie à l'indienne, dans le village mais aussi la vie d'expat', j'ai essayé de lui montrer différents visages de l'Inde, on en a aussi profité pour voir les sites touristiques de la ville qui ne sont pas des plus enthousiasmant, souvent beaux de façade, ils sont la plupart du temps vide à l’intérieur. Pendant la seconde semaine, on a pris un chauffeur et on est parti en excursion tourisme qu'on a commencé par l'incontournable Agra avec le Taj Mahal! Voilà presque deux ans cumulés que je vis en Inde et je ne l'avais toujours pas vu, voilà une chose faite! On a été enchanté aux alentours de Agra par une ville abandonné qu'on a visité sous la pluie ce qui lui a donné un côté assez magique et qui nous a fait un bien fou car c'était la première pluie que l'on rencontrait depuis l'arrivée de Léna. Ces deux villes nous ont beaucoup plus, les monuments étant vraiment sympa et intéressant à voir. On a enchaîné ensuite par Jaipur dans le Rajasthan qui est un passage obligé pour tous les touristes en Inde, on a eu l'occasion d'y rencontrer nos premiers éléphants! Malgré cela, la ville reste très touristique et oppressante, et les monuments ne sont pas vraiment géniaux. Pour finir notre tour, nous sommes allés dans une ancienne capitale Hippie que tout le monde nous a conseillé...: Pushkar: on n'a vraiment pas aimé du tout! Entre l'agressivité des gens, la ville qui n'est pas jolie et l'atmosphère générale, on est resté moins longtemps que prévu. On a donc passé les derniers jours sur Delhi où hélas on était assez dépendant d'autre (ou de l'argent) si on voulait faire des choses sympa...


Je savais en venant ici que le club ne pouvait pas me payer car il ne génère pas assez d'argent pour cela, je leur avais cependant demandé de m'héberger dans un endroit décent en plus d'avoir une connexion internet et un forfait pour mon portable. En recevant mon amie je me suis rendu compte que je faisais beaucoup de concession quant à mon hébergement, surement parce que je suis focalisé sur mes objectifs mais aussi car je ne suis pas très exigeant... Mais avant que Léna arrive, j'ai voulu que tout soit parfait pour pas qu'elle ne subisse la difficulté de la vie "à l'indienne" de plein fouet, vivant dans un village, le dépaysement est assez grand rien qu'avec cela! Donc j'avais insisté pour qu'une clim' soit installée (vivre sous 40°C à l’intérieur même moi j'ai eu du mal!), qu'il n'y ait pas de coupure d'eau et d'électricité. Et à son arrivée tout était prêt pour la recevoir parfaitement. On peut dire qu'on a passé une première semaine sans trop de problèmes et plutôt confortable. La seconde semaine on était en déplacement mais c'est en rentrant que ça s'est compliqué, entre la clim' qui ne marchait plus et qu'il a fallu changé, les coupures de courant récurrentes (dont un gros Black Out dans tout le pays) et des coupures d'eaux incessantes (allant jusqu'à plus de 36h sans eau), on a été frappé par tous ces pépins qui s'alternaient ou arrivaient même parfois en même temps et ça n'a pas été facile à supporter, notamment pour ce qui est de l'hygiène et de la chaleur. J'ai réalisé alors que ce n'était pas des conditions adéquates pour vivre et me suis rendu compte que c'était ainsi depuis le début... Je ne sais pas si je dois dire que le club a profité du fait que je ne plaigne pas trop ou je ne sais quoi mais je me rends compte que j'ai vécu dans un cadre à la limite de la décence depuis que je suis arrivé...

Avec ma blessure au genou qui je pense va devoir nécessiter une opération, je pensais déjà rentrer plus tôt pour ne pas trop attendre, si l'on ajoute à cela la prise de conscience quant à l'hébergement plus l'inactivité totale et l'absence d'aides de la part de la fédération indienne de rugby, ma décision est prise, mon départ qui devait se faire le 20 novembre se fera après la compétition nationale à XV en septembre. Je ne pense pas que ce soit un échec que de partir plus tôt, c'est plus un aveu d'impuissance, on a beau avoir la volonté et l'enthousiasme de faire bouger les choses mais la culture indienne est vraiment omniprésente et écrasante et ralentit beaucoup de choses comme le développement du sport en général dans le pays (si l'Inde a 3 médailles au JO c'est un exploit!). Ceci ne veut pas dire qu'il faille abandonner toutes tentatives, car il y a la place, il y a un potentiel pour développer ce sport mais il faut prendre le temps et arriver à s'encrer avec le temps dans la culture du pays. Donc ma mission va peut-être prendre fin en septembre mais j'ai l'espoir de pouvoir continuer le but de l'association dans le pays via peut-être d'autres personnes qui prendrons mon relais avec un nouvel enthousiasme et une nouvelle vision du sport.

Aujourd'hui, Léna est repartie en France, de mon côté, je vais me recentrer sur la préparation de l'équipe pour la compétition de septembre dont je vise la victoire. J'ai à présent une liste de 30 joueurs pré-sélectionnés et j'ai bon espoir d'avoir une équipe qui tiennent vraiment la route pour ce tournoi, je dois réussir à leur faire appliquer le plan de jeu mais surtout à les faire jouer ensemble, et si on arrive à cela on ne sera vraiment pas loin de la victoire finale. D'un autre côté on a recommencé le programme avec l'ONG et on prévoit d'aller sous peu dans quelques écoles.


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vendredi 13 juillet 2012

Des projets... et la réalité!

L'ambassade ayant la volonté de pousser le rugby à Delhi, ils m'encouragent à élaborer de nouveaux projet avec les instances du rugby en France et dans le monde. Pour cela je travaille avec Benjamin Gestin qui est chargé de mission à l'ambassade pour ce qui est du sport et des ONG, on s'entend bien, on avait déjà travaillé ensemble pour le tournoi de mars. On est parti sur plusieurs pistes, la première: organiser un séminaire pendant une semaine à Delhi où un formateur de la FFR viendrait donner des conseils et apporter son expériences à des entraîneurs indiens. Pour cela, j'ai recontacté Pierre Camou (Président de la FFR) qui m'a répondu comme Bernard Lapasset l'avait fait quelque mois auparavant: qu'il ne pouvait rien faire dans la mesure où la demande venait d'un club, il fallait que cette demande soit formulée de la part de la Fédération Indienne de Rugby... Deuxième piste, à l'issu du All India 7s (compétition nationale de rugby à 7) que l'on est censé organisé en novembre, on aimerait envoyer le meilleur joueur du tournoi pendant une ou deux semaines en France dans un centre de formation pour bénéficier des entrainement d'une cellule de haut niveau, ce qui serait une super expérience pour le joueur, pour cela je contacte d'abord le centre de formation du MHR qui comme d'habitude ne répond pas à mes mails, puis je m'adresse indirectement à celui de Carcassonne: à suivre!

A côté de ces projets là, avec le club on devrait relancer avec la rentrée scolaire qui a lieu cette semaine et la semaine prochaine, le programme avec l'ONG où l'on va 3 fois par semaines pour initier 150 gamins défavorisés au rugby. En plus de cela on a comme projet d'introduire le rugby dans des écoles gouvernementales. Après avoir essayé dans les écoles privés on s'est rendu compte que cela ne marchait pas, les enfants et parents ne voulant pas s'abaisser à faire un sport où on pouvait se faire mal! Donc on va désormais s'adresser aux enfants venant de milieux moins aisés mais qui n'ont pas peur du contact, le but étant d'aller dans 4 écoles, d'organiser ainsi des matchs réguliers pour pouvoir faire de ces enfants de futurs joueurs du club.

D'un autre côté, outre la préparation au All India XVs -compétition nationale de rugby à XV- qui aura lieu en septembre à Calcutta, on attendait la réponse de l'IRFU quant à l'attribution ou non de l'organisation du All India 7s en novembre. Le problème quant à l'attribution n'est pas le choix de la ville mais plutôt le budget alloué pour cela. L'an dernier l'IRFU nous avait "donné" 1.5 lak (2200€) pour organiser ce tournoi qui comprenait l’hébergement de 8 équipes avec la consigne d'utiliser 400 rupees par jour et par joueurs pour ce qui est de l’hébergement et des repas (moins de 6€)... On avait alors fait un super tournoi (trouvant des partenaires privés de notre côté), et seul l’hébergement des joueurs avait été pour ainsi dire: nul. Donc pour ce tournoi, l'ambition de l'IRFU est d'accueillir 12 clubs indiens plus 4 clubs Pakistanais. Dans la mesure où à chaque fois qu'une équipe indienne va au Pakistan pour disputer un match ils sont reçus comme des Princes, c'est notre devoir de les recevoir de la même manière, qui plus est nous avons le désir de recevoir bien mieux les équipes indiennes. Donc pour cela nous avons demandé à l'IRFU qu'ils nous fournissent un budget de 3.5 laks (5150 €) qui vu que l'on va recevoir presque le double d'équipes par rapport à l'an passé (15 au lieu de 8), ce n'est pas un budget démesuré et exagéré, tout en sachant que de notre côté on cherche 3.5 laks supplémentaires pour le reste de l'organisation.

Après un mois de relance pour avoir une réponse nous avons finalement eu une réponse mardi dernier... Pramod Khanna, ce cher président de l'IRFU nous a envoyé un mail avec en copie tous les responsable territoriaux du rugby en Inde (sauf celui du Nord... car il n'y en a pas!):

"Much that the IRFU appreciates your team's efforts and intentions to promote Rugby in the North, I regret that the IRFU will be unable to provide any funding for this event.  [...].

The IRFU will be able to provide with necessary technical assistance as well as liaise with the concerned Govt departments to assist in obtaining visas for foreign teams as well as any other permissions. [...]"

"Bien que l'IRFU apprécie le travail de votre club et votre intention de développer le rugby dans le Nord de l'Inde, j'ai le regret de vous annoncer que l'IRFU ne sera pas en mesure d'attribuer de financements pour cet évènement [...].

L'IRFU fournira l'assistance technique nécessaire mais aussi ses liaisons avec les services gouvernementaux pour assister l'obtention des VISAS pour les équipes étrangères ainsi que toutes les autres permissions [...]."

Donc en fait il veut que l'on organise un tournoi encore plus important que l'an dernier mais sans nous apporter la moindre aide financière, l'effort qu'il serait prêt à faire c'est d'envoyer des officiels pour s'occuper du côté sportif du tournoi, à savoir poser leurs fesses sur des chaises, marquer 3 scores sur un papier, courir 20 minutes pour montrer qu'ils ne sont pas trop gros et manger et être hébergé gratuitement pendant un weekend.

Je vous avouerai que c'est la consternation dans notre côté, on est sidéré par ce culot, nous demander d'organiser un tournoi sans le financer aucunement et en tirer tous les bénéfices... Ça me révolte personnellement, ils veulent globalement nous exploiter, il se rendent compte qu'on est un club qui se bouge et veulent en abuser. Eux ne font rien de leur côté.

Donc finalement si leur position reste la même nous n'organiserons pas le tournoi et je leur souhaite bonne chance pour trouver un lieu où l'héberger sans qu'ils n'aient à dépenser le moindre rupee. Cette décision met du plomb dans l'aile des projets avec l'ambassade évoqués plus haut, qui plus est j'attends toujours qu'ils contactent l'ARFU (fédé asiatique), l'IRB ou la FFR pour demander de l'aide mais non ils ne le font pas, je pense qu'ils ne veulent pas avoir des personnes dans leurs pattes pour voir les magouilles qu'ils font, c'est vraiment honteux!

Personnellement, je suis dégoûté! Dégoûté de leur comportement et de leur attentisme, on fait tout ce qui en notre pouvoir pour être un club dynamique, pour se bouger mais à un moment quand on a de l'ambition on est confronté aux instances du rugby qui se renvoient alors la balle disant qu'ils ne peuvent rien faire de leur côté, le tout avec l'IRFU qui fait encore moins pour aider les clubs, pas de subvention, pas de matériel, pas de formation, pas de compétition sur l'année (pas plus de 3 semaines cumulées de compétition sur l'année en mélangeant seniors, filles et jeunes).

Mon genou allant pas mieux et ne voulant pas me faire opérer ici (ce qui signifierait 3 mois à ne pas bouger donc à être inutile), je suis en train de penser à rentrer plus tôt, après la compétition à XV, qui même si je ne la joue pas, reste mon objectif premier, mais vu qu'il risque de ne pas y avoir de compétition à 7 qui était mon second objectif, ben peut être je rentrerai plus tôt pour faire soigner mon genou. Ici si on n'est pas super riche, si on a pas un mécène avec nous, si on a seulement l'envie de faire avancer les choses, et bien on ne peut rien faire, on s'essouffle, et les joueurs à force de s’entraîner sans jouer vont finir par se lasser et le rugby au lieu de stagner va finir par régresser si les choses ne changent pas. Il vaut mieux aller dans un endroit où même si il n'y a pas forcement beaucoup d'argent et bien les gens veulent aller de l'avant, car ici ils ne pensent qu'à leur propre personne et à s'en mettre plein les poches, ça reflète globalement la culture du pays qui est très individualiste finalement, ils sont super nombreux mais ne se soucient pas de l'autre et font leur chemin au dépend des autres, un peu une course à la survit, qui s'en sortira le mieux avec le moins de soucis... 

Bref, malgré cela j'ai le moral contrairement aux apparences car tout n'est pas noir, et je vois que les gars du club sont vraiment de bonnes personnes et que le rugby que ce soit à Delhi, Calcutta, Bhubaneswar arrive à changer certaines mentalités et que tout n'est pas perdu, mais c'est un travail long, parsemé d’embûches et surtout pénible et décourageant, mais au bout il y a toujours l'espoir qu'un jour on arrivera à quelque chose de bien. Donc même si je n'aurais pas tout révolutionné, si j'ai pu contribué à changer des mentalités et bien j'aurais réussi ma mission.

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dimanche 1 juillet 2012

Rencontre avec l'Ambassadeur de France

De France, j'ai ramené des maillots des Delhi Hurricanes que j'ai fait faire pour compléter notre jeu de maillot actuel mais aussi pour pouvoir en procurer à ceux qui m'en faisaient la demande. J'ai donc profité de l'occasion pour en faire faire un en plus à l'intention de l'Ambassadeur de France pour le remercier de son soutien au club et pour marquer le coup.

Donc après plusieurs tentatives repoussées à causes de  son emploi du temps de minist... d'ambassadeur! On arrive à fixer un rendez-vous dans la résidence de l'Ambassade, à savoir là il reçoit ses invités de marque mais aussi là où il vit. J'y vais avec Gautam -capitaine de l'équipe- pour faire une remise de maillot officielle.

On est donc reçu dans cette résidence qui me change de mon 2 pièces dans mon village! C'est lumineux, climatisé et géant! Accompagné jusque là par l'intendant (un gersois à l'accent qui pu le sud, le magret de canard et le rugby), nous sommes rejoint par l'Ambassadeur. Le choix du salon dans lequel nous allons nous installer est cornélien, avec Gautam on se serait même assis par terre, mais ça aurait été mal vu. Donc finalement on opte pour le salon avec le piano.

Passé les politesses de bienvenue, j'offre à notre hôte le maillot avec un ballon, il a l'air content et enfile le maillot dans la foulé. On en profite alors pour prendre quelques photos (là encore le lieu est difficile à choisir...).


On s'installe alors dans un large canapé et nous commençons à papoter, oui oui on papote de tout et de rien, du club, de la vie en Inde, des points communs entre français et indiens (comme le fait de ne jamais être d'accord avec avec les décisions des gouvernements et de beaucoup parler pour ne finalement rien dire). On parle du club et de nos projet, l'ambassadeur a vraiment la volonté de continuer à nous soutenir et me propose de nous mettre en relation avec des médias et discute de notre stratégies pour trouver des sponsors. Quand je lui parle de nos difficultés financières, il m'invite lors du prochain tournoi auquel on participera de lui faire passer notre budget et il verra s'il lui sera possible de faire quelque chose, ce qui est simplement génial!

Ensuite, il aborde un sujet sur lequel il a pensé à nous. En discutant avec un gouverneur ou je ne sais quoi de l'Etat de Delhi, ce dernier lui a parlé de son problème face à la réinsertion de détenus pour consommation ou trafic de drogues. Il a alors parlé du rugby comme vecteur de réinsertion sociale (en pensant à l'association Pierre à l'édifice oui oui oui!), il n'a pas voulu s'avancer en disant que nous pouvions faire quelque chose, mais il s'est engagé à se renseigner, ce qu'il a donc fait en nous en parlant. Je trouve que ça peut être une super expérience, je ne sais pas si c'est réalisable mais c'est un challenge assez tentant: faire jouer au rugby (contact pas touch) ces gars, ça peut permettre de les canaliser tout en leur permettant d’extérioriser, si en même temps les valeurs du sport peuvent leur permettre de contribuer à se réinsérer c'est tout bénef'! Après, j'imagine qu'on ne pourra pas aider tout le monde via le rugby mais j'ai foi en ce sport comme école de la vie et comme vecteur d'insertion, mais aussi comme moyen pour leur permettre de retrouver une meilleur estime d'eux même et envers les autres, estime qui a pu être mise à mal par leur précédents faits. Après ça reste délicat, car des jugements de valeur, mérite et par rapport à leur passé peuvent entrer en compte mais je pense qu'il faut totalement passer outre cela et ne pas considérer la raison pourquoi on fait du rugby avec eux comme une raison de les appréhender différemment. Affaire à suivre, ça risque de se décanter rapidement.

Pour revenir à un sujet plus léger, dans la discussion, en parlant de nos cadres de vie respectifs, j'ai lancé une invitation à l'Ambassadeur afin qu'il vienne dîner au village pour qu'il voit une Inde qu'il ne fréquente pas forcement au quotidien. Et bien, il a accepté sans hésitation l'invitation, me disant même qu'il serait plus disponible dans la seconde quinzaine de juillet pour venir! Il m'a surpris sur le coup, et quand il nous a demandé où c'était, Gautam lui a simplement répondu de descendre au métro le plus proche et qu'on viendrait le chercher en moto (ce a quoi il a tout de même émis une réserve!).

Après bien une heure et demi de discussion, on a pris congé, c'était vraiment un moment sympa, sans langue de bois où on a parlé de tout. Alors cet ambassadeur a peut-être été installé par l'ancien président car ami proche et il a beau avoir une position assez élevé hiérarchiquement du à son poste, mais il reste une personne simple et accessible, ce qui au fond est ce qu'on attend de ce genre de personnes, que l'on puisse leur parler de tout et se sentir si ce n'est soutenu au moins entendu! 


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lundi 25 juin 2012

Dures semaines...

Mes excuses pour commencer cet article, je n'ai pas écris depuis longtemps, je vous avouerai que je n'avais pas le coeur à ça, je vais vous expliquer pourquoi.

Lors du dernier article je vous faisais part d'un mail que j'envoyais à Monsieur Bernard Lapasset afin d'attirer son regard sur le rugby indien, sur l'article précédent je vous parlais de la remise en marche de tous les contacts, et globalement des projets du club.

Depuis ces articles, je vous avouerai que peu de choses ont changé, certes le club a repris sérieusement toutes ses activités, mais pas plus. Le fait que les vacances d'été se finissent en juillet (pour les écoles indiennes), le programme que l'on a avec l'ONG est en suspens, et celui avec la British School est aussi en stand-bye, même plus car les terrains de l'école ne sont plus praticables pour cause de travaux. On envisage donc de faire venir les enfants les samedi matin sur notre terrain en même temps que l'école de rugby.

Donc à part entraîner 3 fois par semaines et envoyer des mails et passer des coups de fils qui restent souvent sans réponses car il s'agit de parler sponsoring, et bien je n'ai pas grand chose à faire... C'est très frustrant car je me sens impuissant dans ce sens là, où j'aimerai faire bien plus mais je ne peux pas, entre autre avec les écoles qui sont actuellement fermées, j'ai comme ambition d'aller dans les écoles 100% indiennes pour y introduire le rugby, mais vu que dans ces dernières, la pratique de l'anglais n'est pas obligatoire, je ne peux pas y aller seul dans la mesure où même la hiérarchie ne me comprendra pas... Et bien sur lorsque je demande à mes joueurs de m'aider, ils ne disent bien sur jamais non, mais j'attends toujours... Donc gros sentiment de frustration. Au passage j'ai eu une réponse d'un collaborateur de Bernard Lapasset me disant qu'il allait voir ce qui était possible de faire, depuis je n'ai pas de nouvelles.

Qui plus est, je vous annonçais que l'on allait participer lors de ce mois de juin à un tournoi à Calcutta et un autre dans le Jammu & Kashmir. Le second tournoi a du être repoussé à août pour je ne sais quelle raison, et pour ce qui est du premier, dans la mesure où le club n'a vraiment mais vraiment pas d'argent on a demandé aux joueurs de payer leur déplacement (1000 rupees l'aller/retour en train soit 15€ pour faire 3000km), mais cette somme reste importante en Inde surtout pour des personnes issus de villages. Donc un à un, les joueurs dans la liste, sans jamais me parler d'argent, ont trouvé diverses excuses pour ne pas y aller (examens, problème dans la famille, la vache est malade, etc etc). Donc je me retrouve le dimanche avant le tournoi avec une équipe plus qu'affaiblie, mais ça reste quand même bien pour ces jeunes, ça leur donnera du temps de jeu et de l’expérience.

Mais dimanche 17 juin était décidément un jour sans, je continue pendant les entraînements à enseigner le plan de jeu donc bien entendu je joue car je vais jouer la compétition. Et là, sur une action où je suis en défense à bloquer le porteur de balle, un de ses coéquipier vient à son support en me plaquant sur le coté du genou et.... crac... Je ne peux m'empêcher d'avoir une plainte de douleur sur le coup. Le jeu s'arrête, mon genou me tire, bien entendu il n'y a pas de kiné sur le bord du terrain, donc obligé de se débrouiller tout seul, mon genou peut tout de même se fléchir normalement mais ça tire sur l’intérieur. Je me déplace donc tant bien que mal, sur le côté du terrain, l'entrainement reprend. 

Là dans ma tête il y a tout qui s'effondre, beaucoup d'amis ont eu des blessures aux genoux et je sais par conséquent que ce n'est vraiment pas cool surtout si il y a opération au bout, et ma participation à mon objectif principal qu'est la compétition nationale de septembre prend un sérieux coup dans l'aile... Ca ne va vraiment pas fort alors.

Un de mes joueurs m'amène après l'entrainement dans des urgences d'un hôpital gouvernemental indien (gratuit), je passe alors une radio qui ne montre aucune fracture. Ensuite le docteur qui ne me touche même pas le genou, me dit de revenir une semaine après pour faire d'autre examens quand ce sera dégonflé... Je reste quand même sceptique d'autant que je rentre chez moi sans savoir ce que j'ai. En se refroidissant, mon genou tire d'autant plus et j'ai vraiment une instabilité sur l’intérieur. J'avais amené de France une atèle élastique pour genou que m'avait prescrit un médecin pour mon genou droit suite à ma petite blessure intervenue à ma première arrivée en Inde, donc cette atèle se révèle très utile, m'apportant de la stabilité. Cependant je ne peux pas trop bouger donc je passe ma journée chez moi à glacer mon articulation.

Je profite de mon inactivité pour demander conseils à des amis kinés, ostéos, qui d'après ce que je dis m'annoncent avec des guillemets car bien entendu ils ne peuvent pas le confirmer étant à des milliers de kilomètres que mon ligament latéral interne serait touché...

N'ayant pas la patience d'attendre une semaine j'essaye de prendre un rendez-vous pour le mercredi suivant mais on me dit que le prochain créneaux possible sera le 27... Donc je décide de faire ce que je voulais depuis le début, à savoir aller dans une clinique privé, certes il faut payer, mais au moins je serais serein quant à l'hygiène et aux compétences des médecins qui eux parlent anglais. Je vais donc sur les conseils de Kuldeep -qui est un expert en matière de blessure au genou- consulter un médecin qui me manipule un peu et qui lui aussi me parle de mon ligament latéral interne mais aussi de mon ménisque. Mais avant de tirer des conclusion, il m’envoie passer un IRM pour y voir plus clair. 

Je n'avais jamais passé d'IRM et j'ai été sacrement surpris, on est alors allongé et introduit dans une machine pour 20 minutes, 20 minutes qui sont loin d'être de tout repos car cela fait un bruit monstre, telle une première note très puissante de guitare électrique qui durerait sans fin et le tout à un volume incroyable! Et bien vous le croirez ou pas, mais je m'y suis littéralement assoupis...

Donc en sortant de cette bulle hypra-sonore, j'essaye de tirer quelque infos du docteur qui me dit de revenir le soir pour chercher les clichés et qui ajoute que le ligament interne est bien touché, mais je n'arrive pas vraiment à le comprendre ayant un vocabulaire limité, quand on commence à parler avec des mots scientifiques je ne comprends plus!

Même topo le soir où il ajoute que le ménisque n'est pas touché mais qu'autre chose est touché, je ne comprends pas...

Lendemain retour chez le 1er docteur qui m'annonce si je comprends bien une rupture du ligament latéral interne du genou mais aussi de grosse chances pour que le ligament croisé antérieur soit lui aussi touché. Il me demande alors de repasser le lendemain pour rencontrer un docteur spécialiste et m'annonce que je vais devoir me faire opérer, me demandant si je veux le faire ici ou en France, ici l'opération coûterait 1700€...

Alors là  je suis vraiment au fin fond du seau, ça ne va pas, je suis en pleine remise en question... Je rentre dans une petite sinistrose car tous mes projets en prennent un serieux coup, et la question de rentrer pour se faire opérer se pose, je n'ai pas envie de rentrer, ce serait abandonner au premier obstacle et qu'est ce qu'une opération et une convalescence en France aurait de mieux qu'ici? Cependant, les messages de soutiens se multiplient et m'ont réchauffé le coeur en ce moment dur.

Le lendemain c'est la mort dans l'âme que je vais voir ce nouveau médecin, qui lui aussi est super sympa (au passage le premier médecin ne m'a fait payer que la première de mes 3 consultations), heureusement au passage car vu mon état un con en face de moi aurait fait sortir de moi toute ma frustration! Et donc après avoir vu les imageries et consulté mon genou me fait: "Normalement, si il n'y a pas de complication, vous pourrez être sur le terrain dans un mois!". Alors là je ne veux pas y croire, en tout cas j'ai beaucoup de mal vu ce que m'a dit le médecin la veille et ce que m'ont dit mes amis sur ce genre de blessures... J'ai du ne pas comprendre quelque chose dans le diagnostic, les ligaments ne sont surement pas rompus mais simplement endommagés, enfin je suis sur le cul, le docteur finit par me demander si je suis déçu de ne pas subir d'opération vu que je lui demande si il est sur au moins 6-7 fois... Il me dit qu'il me faut une atèle plus solide et contraignante que celle que j'ai pour éviter toute rotation du genou, et dans deux semaines je dois retourner le voir pour voir l'évolution avec une radio et confirmer qu'il n'y a pas besoin d'opération et si c'est le cas avec du kiné je pourrais être sur le terrain 2-3 semaines après. Et ben je vais vous dire que j'aime beaucoup ce médecin, car même si il m'a dit des bêtises, il m'a rendu heureux!

Je rentre donc chez moi la joie au coeur, et me dirige ensuite vers l'adresse qu'il m'a donné pour me procurer une atèle convenable. Après plusieurs essais, l'atèle me convient, je décide de la prendre et demande donc le prix, quand le gars me dit "thirty thousand", je comprends "thirty hundred" car je m'attends à un prix dans cette échelle, mais non il me répète bien "thirty thousand" ce qui revient à prêt de 500€!! 500€ pour une atèle que je vais porter 3 semaines ça fait vraiment mal! D'autant que je n'ai pas autant d'argent avec moi. Je décide de ne pas la prendre et d'appeler plus tard le médecin pour lui demander si il n'y a pas une autre solution. Et bien entendu il y a une autre possibilité, on m'a simplement pris pour une poule aux oeuf d'or. Ainsi le lendemain une personne vient directement chez moi me faire essayer une atèle à moins de 150€.


Atèle à 500€, les coutures sont en fil doré!

Pendant ce temps, de nouveaux gars (en plus de moi) ont du déclarer forfait pour le tournoi de Calcutta, et ce que je craignais depuis quelques jours déjà arriva, on a du annuler notre participation au tournoi, ça me fout les boules car on n'a pas 150 occasions de jouer des tournois en Inde et on  passe à côté de celle là, et qui plus est ça me fait chier pour l'organisation, car je sais ce que c'est d'organiser un tournoi où les équipes se décommandent au dernier moment.

Donc désormais j’entraîne en usant plus ma voix et mon sifflet que l'exemple que je prônais, en effet je ne demande jamais à mes joueurs de faire des choses que je ne peux pas faire ne serait-ce que par respect, mais aussi je montre toujours l'exemple pour pouvoir être légitime et que l'on ne puisse pas me reprocher de ne pas le faire. Bien que l'on ne fait pas le plein de joueurs aux entraînements du weekend, j'arrive à faire deux bonnes sessions où l'on commence à travailler sur la fluidité et la continuité du jeu, il y a pas mal de travail encore à réaliser mais des réflexes commencent à venir.

Ces entraînements contribuent à me remonter le moral, et à me regonfler un peu!

Sinon il fait toujours aussi chaud chez moi, je n'ai toujours pas de clim', donc le ventilo tourne non stop pour faire un peu d'air, mais quand il y a des coupures d'électricité ça devient vraiment insupportable, le pire c'est pendant la nuit!

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vendredi 8 juin 2012

Mail matinal à Monsieur Bernard Lapasset, Président de la Fédération Internationale de Rugby


Je ne sais pas trop où je vais avec cela, ni non plus ce que je veux vraiment, mais au moins j'essaye, et qui ne tente rien n'a rien comme on dit. Advienne que pourra!

"Monsieur le Président,

Le 11 janvier dernier je vous envoyais un mail vous faisant part du développement du rugby en Inde et sollicitant votre aide. Vous m'aviez alors répondu qu'en tant que fédération internationale de rugby vous ne pouviez pas intervenir au niveau des clubs et vous m'aviez alors suggéré de passer par la fédération indienne pour recevoir cette aide.

J'ai donc fait ce que vous m'aviez conseillé et j'ai même proposé mes services à la fédération elle même qui n'était pas contre cette idée là. Elle m'a alors conseillé de contacter Monsieur Jarrad Gallagher responsable de la zone asiatique de l'IRB afin de voir ce qu'il était possible de faire.

Cela fait maintenant plus de 3 mois que cette sollicitation a été faite mais nous n'avons pas eu de retour de sa part. J'imagine que c'est une personne très sollicité ayant 28 pays à gérer. Mais l'Inde venant de remporter la 3ème division asiatique se doit de passer à la vitesse supérieur pour pérenniser le sport au niveau national et éviter de faire le Yo-Yo entre la deuxième et la troisième division au niveau international.

L'Inde présente un potentiel hors du commun et nécessite un accompagnement fort mêlé à une surveillance quant à l'efficacité du travail fait car mon impression personnelle est que ce potentiel n'est pas exploité comme il devrait l'être de même que les aides qui lui sont accordé.

Je ne sais pas si je suis la personne à même pour faire une telle mission, mes compétences sont j'imagine loin d'être suffisante de même que mon expérience reste limité, mais j'ai la volonté et l'enthousiasme pour faire avancer les choses et la connaissance du rugby indien et du pays. Comme Greg Davey a travaillé et contribué à la structuration du rugby indien entre 2008 et 2010, je me propose de continuer cette mission afin d'aider ce pays à accéder au premier plan du rugby asiatique.

Si je vous contacte c'est parce que j'ai espoir en ce pays et j'espère que vous pourrez faire quelque chose car il le mérite. Ce dont il a le plus besoin aujourd'hui, ce n'est pas des financements directs mais des moyens humains.

Veuillez recevoir mes salutations distinguées et mes félicitations quant à votre travail.

Bien à vous,

Pierre Bellemere
pierre.bellemere@gmail.com
+91 98 99 347 937      
Président de l'association Pierre à l'édifice
https://www.facebook.com/Pierre.edifice
Delhi Hurricanes Rugby Club
https://www.facebook.com/pages/Delhi-Hurricanes/263502333683217"

mardi 5 juin 2012

Remettre la machine en marche!

Doucement mais surement je me réinstalle. 

Tout d'abord mon appartement commence à avoir une gueule plus potable, j'ai finalement pris celui au dessus de la salle de gym. 

Salle de gym justement où j'ai dormi samedi et dimanche soir pour bénéficier de la "clim" que je n'avais pas encore chez moi. La nuit de samedi à dimanche aurait du être bonne vu la fatigue accumulée lors du voyage et pendant la journée, mais que nenni! Les moustiques ont pris ma peau pour un dancefloor et m'ont empêché de dormir. Qui plus est à 3h du mat' j'entends de l'eau tomber en abondance... Alors il fait noir et je me dis que c'est une chasse d'eau qui a été tiré et que l'eau s'écoule bruyamment par les canalisations... Mais après 1 minutes d'écoulement je me dis bien que ce n'est pas le cas, alors je me lève, la salle étant grande je ne sais pas si c'est dehors ou dedans... Mais en posant le pied hors de mon lit: "plouf"... En fait, je ne saurais pas bien vous expliquer mais en remplissant les réservoirs d'eau en haut du bâtiment au lieu de mettre 7 000 litres soit la contenance des bacs, ils ont mis 10 000 litres donc par conséquent 3 000 litres se sont écoulés au plus bas du bâtiment soit au sous-sol, autrement dit la salle de gym... Donc j'appelle Arun pour le prévenir, la salle est recouverte à sa quasi intégralité d'eau dont par endroit il y a 3-4 cm... Bref je finis la nuit sur un des rare endroit sec, debout 2 heures plus tard pour aller à l'entrainement.


Cet entrainement est en fait un match pour pouvoir donner du temps de jeu au joueur et évaluer un peu les niveaux. A la mi-temps et à la fin du match, les filles font elles aussi deux petits matchs. La première mi-temps se déroule tranquillement, le niveau n'est pas foufou car les internationaux ne jouent pas et on est clairement pas prêt. Je rentre en seconde mi-temps -je ne suis pas prêt non plus- mais le fait marquant de ce match restera la grave blessure d'un joueur qui s'est cassé le bras (pas l'avant bras) en plongeant pour marquer un essai, soit tout seul... Déjà lui est "out" pour les All India, mais j'espère que ça n'effrayera pas les autres joueurs. Les matchs se terminent, il y aura eu un bon engagement qui reste tout de même relatif, le rythme n'aura pas été intense (la chaleur jouant) mais il y avait beaucoup de volonté et ça m'a permis de me faire des idées sur certains joueurs. A la fin de l'entrainement, ça a été super sympa, tout le monde est bien resté 30 minutes tous à parler entre eux, filles et garçon, le tout dans la bonne humeur, ça se voit qu'ils ont du plaisir à venir et à être ensemble, je pourrais me dire si sportivement j'échoue (ce que je n'envisage pas) ben que j'aurais créé un club, un club d'ami où l'on va pour se retrouver avec les copains car au fond le rugby (et d'autre sports) c'est se retrouver entre potes pour faire un sport, et qu'importe le résultat, à la fin quand le coup de sifflet est donné il reste les copains et c'est ça le plus important!



On rentre tranquillement au village, et je passe l'après midi à me reposer, la salle étant fermé le dimanche. Je passe encore la nuit dans la salle et le truc c'est que cette dernière ouvre le matin à 5h... Ce que ne m'avait pas dit Arun c'est qu'il comptait sur moi pour le faire, donc à 4h50 quand les premiers types sont venus frapper à la porte, j'ai hais Arun au plus haut point sur plusieurs générations! Bon et tant qu'à y être autant en profiter et s’entraîner... 

Les indiens se lèvent généralement tôt. Mais une fois le sport fait, le p'tit dej' prit et douché, il n'est que 8h, et vu que je n'ai pas des horaires de bureau et que je ne peux pas appeler les gens aussi tôt (enfin moi je ne le fais pas, eux ne s'en privent pas!) ben il n'y a pas grand chose à faire, je décide donc de prendre le scooter et de faire un tour, ça fait deux jours que je suis dans le village ça ne me fera pas de mal. Je me dirige vers un centre commercial pour prendre un jus, mais bien sur à 9h c'est fermé, donc je me retrouve dans le centre totalement désert... Je finis par trouver un endroit ou m'hydrater puis je rentre au village.

Pendant l'aprem j’aménage et nettoie mon appart', Arun m'a trouvé une personne pour faire le ménage et la lessive tous les jours à un prix défiant toute concurrence: 600 rupees par mois soit moins de 10 € pour disons 1h par jour soit en gros 33 centimes l'heure... J'en profite aussi pour faire une bonne sieste (me lever à 5h n'est pas mon fort!). Ensuite je me mets à appeler tous les expats et sponsors avec lesquels j'étais en contact avant mon départ mon signaler d'abord mon retour, ensuite pour leur dire qu'on est à la recherche de sponsors et donateurs pour financer nos déplacement dans différents endroits en Inde pour la préparation des All India XVs. Et le soir retour à la salle!

Pour dîner, je m'invite chez Pepsi et Jagga, bien sur c'est très bon et je goûte alors de la mangue préparée je ne sais pas comment mais épicée... C'est vraiment bizarre, on retrouve le goût sucré mais c'est particulier, je n'en mangerais pas tous les jours!

J'ai passé ma première nuit chez moi, Arun m'ayant apporté un "cooler" qui est un ventilo avec de l'eau stagnante derrière censée rafraîchir l'air. Alors peut-être ça la rafraîchit mais ça fait un bruit pas possible! Une vrai machine à laver! Obligé de l'éteindre pendant la nuit pour trouver le sommeil, j'ai finalement allumé le ventilo du plafond qui fait "un peu" moins de bruit... On s'habitue à tout parait-il... Va falloir mettre ça en oeuvre donc!

Ce matin (mardi 05 juin) levé 6h30... Je vais à la salle et je prévois de finir mon installation aujourd'hui en réglant tous les derniers petits points. Pour info il fait toujours aussi chaud!

Alors depuis mon arrivée je vais souvent à la gym, alors il y a 2 raisons, non pas que je me soucie de mon apparence, mais premièrement je veux être dans une forme optimale pour les mois à suivre et montrer ainsi l'exemple jusqu'au All India en septembre. Ensuite pendant ces 3 mois passés en France, on va dire que je n'ai pas eu la main morte sur la nourriture (et pas tant sur la boisson!), et j'ai par conséquent pris 9 kg passant à 102kg.... Donc faut vraiment que je perde du poids! Et je suis sur la bonne voie, samedi matin à mon arrivée la balance indiquait 101.5 kg et ce matin 100.1 kg! A ce rythme je vais bientôt avoir retrouvé une forme décente!


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samedi 2 juin 2012

Thermostat 4 pendant 2h et ce sera prêt!

J'ai donc pris l'avion à 12h de Toulouse pour Londres puis Delhi! Le trajet s'est passé sans problème si ce n'est les 5 longues heures d'attente à Heathrow. 

J'ai prévu d'aller à l'entrainement à la descente de l'avion. Je me dépêche donc, qui plus est on est arrivé avec de l'avance, j'arrive devant le tapis où arrivent les sacs à 6h30 et l'entrainement commence à 7h: facile d'autant qu'on m'attend à la sortie de l'aéroport.

Mais hélas mon super plan c'est pris une bûche dans la roue...! A savoir que mon sac n'est arrivé qu'à 7h10! Donc je me presse tout de même de sortir afin de retrouver Arun, et là c'est le choc! Je savais qu'il ferait chaud et ça ne me dérangeait pas forcément mais là à 7h du matin en sortant dehors il fait 35°C!!! Ca en devient suffocant! 

Donc on se dirige vers le terrain qui heureusement n'est pas bien loin de l'aéroport, là une vingtaine de garçons s’entraînent ainsi qu'une dizaine de filles. Les retrouvailles sont chaleureuses et franche, ça me fait plaisir de les retrouver et je sens que c'est réciproque!

Dessuite, Kuldeep qui s'occupait des entraînements pendant mon absence me confie les gars qui étaient séparés avants/arrières pour travailler des lancements de jeu. Alors vu que je suis pro ( ;-) ), j'ai travaillé sur le plan de jeu avant de venir avec entre autre les appels en touche et les lancements derrières donc je les mets en place progressivement avec les joueurs présent pour voir si ça fonctionne. Alors pour les touches c'est plutôt positif mais pour les arrières je ne sais pas vraiment, n'ayant pas l’expérience de jouer 3/4 j'ai des lacunes pour ces lancements de jeu mais j'y travaille! On finit l'entrainement par un peu de jeu pas intelligent, car même si les rugbymen sont de grands intellectuels il faut reconnaître que par moment il faut poser le cerveaux au vestiaire...

L'entrainement finit, on papote un peu, et finalement on se dirige vers le village: Maidangarhi. Village qui est en crise ces jours-ci dans la mesure où il n'y a plus d'électricité et d'eau depuis deux jours donc ça devient très dur pour supporter la chaleur! A l'arrivée, grande nouvelle: ils m'ont changé d'appartement (ça ne fera que le 5ème!). Au début j'étais tout en haut du village, et au fur et à mesure je suis descendu et là ce qu'ils me proposent et vraiment à l'écart du village. Cet endroit est dans le même bâtiment que la salle de gym de Arun et Gautam (des joueurs du club). C'est un coin assez calme, assez proche de petits commerces et donc à 2 mètres de la salle de gym (il me faudra être fort pour trouver des excuses pour ne pas y aller!). L'appartement en lui même n'est pas mal, mais il demeure assez sale et pas mal de petites bêtes l'habitent. Donc ma condition pour vivre là c'est que l'appart soit nettoyé de fonds en combles, car une fois aménagé à ma sauce je pense qu'il peut être sympa. Arun me montre tout de même un autre appart à proximité, ce dernier est plus grand mais donne directement sur la route montant vers Maidangarhi et qui dit route en Inde dit beaucoup de bruit qui plus est, il est plus chère donc je dis à Arun que le premier me va si il est nickel.

Pendant ce temps, les heures passent et avec elles, la température augmente, si bien qu'après un moment de repos entre 11h et 12h30, quand je me mets en mouvement pour aller déjeuner chez Kuldeep et bien ce mouvement aura été fatal à ma chaleur corporelle, les degrés approchent 45 et la sueur ne se fait pas prier pour suinter par tous les pores de mon corps (argh c'est dégueux!), c'est vraiment désagréable. Il ne fait pas particulièrement humide mais l'air est dur à respirer et le soleil fait vraiment l'effet d'un four et brûle littéralement. Mes lèvres se retrouvent sèches en moins de deux et la chaleur exerce un poids invisible sur les épaules, même le vent n'arrive pas à rafraîchir l'atmosphère!

Arrivé chez Kuldeep, je profite de prendre une douche (il ne vit pas dans le village) qui me fait du bien, bien que l'eau chauffée dans la réserve sur le toit brûle presque! Ensuite on s'installe dans une chambre avec la clim et c'est dessuite plus supportable! On papote alors de la vie du club et des perspectives, on mange aussi, bien sur indien, mais je vous avouerai que c'est différent de ce qu'on peut manger au restaurants indiens classique dans la mesure où c'est de la cuisine faite maison, comme en France où on ne cuisine pas tous les jours les spécialités françaises. Et quelque part je préfère!

Après mangé, je récupère mon scooter et reviens au village. Je vais alors dans la salle de gym où je pense que je vais dormir cette nuit puisqu'il y a une clim' et pas chez moi (encore!). J'en profite pour un peu m’entraîner puis je vais me reposer car par ce temps il n'y a pas grand chose à faire, sortir, c'est s'exposer à finir en oeuf au plat!

La fin de journée se passe tranquillement, je reste dans la salle de gym où j'y ai mon clic-clac, on me donne alors une clés internet pour pouvoir rester "connecté"! 

Demain rendez-vous au terrain à 6h, à 7h on fait un match, ça fait longtemps qu'ils n'en n'ont pas fait et on profite de l'absence des joueurs internationaux pour donner du temps de jeux aux jeunes. Les joueurs internationaux qui en l'occurrence ont remporté hier la finale de Division III asiatique contre Guam 18-16 ce qui leur permet d'accéder à la seconde division! Et qualification pour la Coupe du Monde 2015 oblige, ils vont faire un match contre le champion 2nde division qui pourrait les faire monter directement en 1ère division en cas de victoire! A noter que lors de ce match un des Hurricanes a marqué un sublime essai suite à une relance des 22m qu'il conclue par une course de 50 mètres ponctuée de 3 raffuts.

Sur ce, bonne fin de journée à vous, moi je sens que ce soir je ne vais pas tarder!

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