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mercredi 21 mars 2012

North India Rugby Promotion Tournament 2012 by Jean-Nicolas

Après plusieurs mois d’efforts de la part de Pierre et de l’équipe d’organisation, le tournoi international a finalement été annulé faute de visas pour les équipes pakistanaises. Nous ne voulions toutefois pas laisser tomber complètement l’évènement et nous avons donc décidé de le remplacer par un tournoi de promotion du rugby dans le nord de l’Inde, sur deux jours : un tournoi de rugby à 7 le samedi et un tournoi de touch rugby suivi d’un match à XV le dimanche.

Ce n’est qu’une semaine avant l’échéance que les indiens du club se sont dit qu’il fallait peut-être commencer à organiser la chose, nous avons donc organisé une réunion - qui ressemblait étrangement à une autre tenue un mois et demi avant - où nous avons tout repris à zéro : définition des choses à faire, distribution des tâches aux différents joueurs, etc.

Le budget a été estimé à 80 000 roupies, sachant que nous n’avions que 20 000 roupies octroyés par Shanti Travel et une contribution d’un montant inconnu de Harley Davidson ; il nous fallait donc trouver une somme considérable en moins d’une semaine, chose difficile, voire impossible à faire.

Sans l’appui de l’ambassade de France, nous n’aurions jamais eu le matériel de communication (flyers, affiches, invitations) à temps. Mais même avec leur appui, il ne restait plus que deux jours (dont un jour férié, Holi) avant le tournoi.
C’est donc tant bien que mal que nous avons placé quelques affiches chez nos partenaires. Faire la communication d’un évènement la veille ne sert pas beaucoup, d’autant plus que les écoles et université faisaient le pont le vendredi.

JOUR 1



Le jour-J, c’est donc sans grande surprise que nous avons constaté que le public n’était composé que de quelques personnes. Le plus décevant reste l’absence des familles des joueurs, qui n’ont pas fait beaucoup d’efforts au niveau de la communication, même dans leur entourage.
Le tournoi de rugby à 7 était composé de 6 équipes : 3 équipes de Hurricanes (Blue/Red/Black), les Gaulois (équipe d’expatriés français), les anglais (qui était plutôt une équipe Barbarians) et une équipe de Jammu and Kashmir.


Les points positifs de cette journée :

-          l’équipe de français vue un peu comme une équipe de bras cassés, s’est finalement bien défendue ;
-          équipes de Hurricanes étaient équilibrées, elles n’ont pas cherché à faire une équipe dominante et ont parfaitement mixé leurs effectifs ;
-          tous les joueurs se sont bien amusés et ont pris plaisir à jouer.



Les points négatifs de cette journée :

-          l’arbitrage était médiocre et son penchant pour les équipes Hurricanes durant chaque match était plus qu’évident ;
-          des indiens de la Birtish school de l’équipe des anglais sont partis en milieu de journée et des français ont du renforcer leurs rangs sur plusieurs matchs ;
-          aucune activité annexe au tournoi n’était proposée aux spectateurs qui ne voyaient pas forcément l’intérêt de rester toute la journée.


JOUR 2

La journée du dimanche devait commencer à 11.00 h  avec une démonstration de Harley Davidson. Une fois sur place, j’ai pu constater que les joueurs se dépêchaient de finir de préparer le terrain, les motards sont finalement repartis pour chercher d’autres amis, aucun public n’était là.
C’est à ce moment là que les responsables du club m’annoncent que la journée ne commencera finalement que vers 12.00-12.30 h avec un match de touch rugby joué par les motards de Harley Davidson. Par ailleurs, le tournoi de touch pour tous était annulé. Après négociations, leur expliquant qu’on ne pouvait pas changer le programme en deux minutes, un tournoi de touch à 6 équipes est reprogrammé.

Au final, nous avons eu le droit à un mix des deux : deux équipes, avec tous ceux qui voulaient jouer (approximativement 20 par équipe) sur tout le terrain. Autant vous dire que se fut du grand n’importe quoi, entre les motards qui jouaient avec leurs équipements de moto, les personnes pieds nus, ceux qui jouaient avec des crampons, etc.
Nous nous sommes bien amusés grâce aux glissades plus que fréquentes sur le terrain fraîchement arrosé au jet d’eau, mais le match en soi n’avait aucun intérêt : beaucoup trop nombreux sur le terrain, personne ne pouvait tenter de créer un écart ou avancer plus de quelques mètres.

Les responsables du club avaient entre temps également décidé de faire des matchs avec les enfants de l’ONG, sans doute pour meubler l’attente jusqu’à l’heure du match à XV. Bien que très anarchique, les enfants ont semblé s’être fait plaisir sur le terrain.

Venait maintenant le temps du match à 7 féminin, que nous avons eu tant de mal à négocier avec les responsables du club qui voulaient que les filles soient de simple « volunteers » pour ce tournoi et non des joueuses. Bien qu’elles soient réticentes à l’idée de plaquer leur collègue au début, la ferveur s’est fait sentir au fil du match.
Pendant ce temps, les Hurricanes et l’équipe composée d’afghans, de français, d’anglais et d’indiens de Jammu and Kashmir s’échauffaient pour le match d’exhibition dont le coup d’envoi a été donné par Monsieur François Richier, ambassadeur de France en Inde.

Après un speech de l’ambassadeur pour remercier et encourager le club et les équipes, il a donné le coup d’envoi.
Malgré une défaite cuisante infligée à l’équipe « du reste du nord de l’Inde » par les Hurricanes, de belles actions ont été vues des deux côtés. Notamment une percussion spectaculaire de Gilles en début de match, et l’unique essai de l’équipe mixée inscrit par Florian en toute fin de match.

            La journée sur le terrain s’est terminée par la remise des prix et de longues séances photos « à l’indienne ».

Points positifs de la journée :

-           l’ambassadeur semblait ravi et content d’être venu
-           les joueurs ont pris plaisir à jouer
-           les filles ont finalement participé au tournoi




Points négatifs de la journée :

-           l’arbitrage était encore pire que la veille. Nous perdions 44-O en première mi-temps alors qu’après changement de l’arbitre, nous avons perdu la deuxième mi-temps que 10-5 ;  il faut parfois se poser les bonnes questions ;
-           la journée a été chaotique, aucune organisation n’était mise en place ;
-           il n’y avait quasiment personne dans le public

Le tournoi s’est clôturé à l’ambassade de France par le visionnage du Crunch accompagné d’un buffet et de boissons offerts par l’ambassade où les joueurs et les partenaires du tournoi étaient invités.
Malheureusement cela c’est terminé sur une défaite amère de l’équipe de France.

En conclusion : malgré la bonne ambiance qu’il y a pu avoir durant ces deux jours, cela restait un tournoi organisé par les Hurricanes, pour les Hurricanes, gagné par les Hurricanes…

Nous allons tenter d’instaurer la pratique du « débriefing » pour ne pas reproduire les erreurs commises précédemment et améliorer le plus possible le sens de l’organisation de nos amis et partenaires.

lundi 13 février 2012

Organisation du tournoi international

Le comble d'organiser un tournoi international, de tout gérer, coordonner et finalement ne pas être là le jour J, c'est ce qui va se passer avec moi pour le "South Asia Club Sevens Tournament". En effet, on organise ce tournoi en partenariat avec l'Ambassade Française et pour faire coller les dates et faire d'une Pierre deux coup, on organise ce tournoi le weekend du 10-11 mars pour le clôturer à l'ambassade avec la projection de France - Angleterre. Et mon VISA prend fin le 29 février...

Il a été question un temps d'essayer de repousser l'expiration de mon VISA mais l'ambassade ne peut rien faire et je n'ai ni la patience, ni le temps de m'enfoncer dans l'administration indienne qui est comme l'administration française mais avec l'accent indien, en plus long et avec la corruption en plus.

Donc voilà en ce moment on s'y file pour le tournoi, on a pour l'instant 3 équipes pakistanaises qui ont confirmé leur présences (qui restent cependant dépendantes des VISAS en sachant que le Pakistan et l'Inde sont en guerre froide depuis des décennies), une équipe Sri Lankaise (haut niveau assuré le rugby étant le sport national du pays), auxquelles on peut ajouter deux équipes des Hurricanes, une équipe française, une équipe de Barbarians, et 4 équipes indiennes dont peut être l'armée (niveau!!).

Pour rendre ce tournoi attractif malgré le fait que ce soit la première édition, on a mis en jeu un prix en cash pour les vainqueurs (environ 1500€), ça en motive plus d'un! 

Donc en ce moment, je coordonne tous les groupes de travaille et gère la relation avec l'ambassade. Il y a pas mal de travail d'autant qu'on dépend des réponses des uns et des autres pour avancer. 

La question des partenaires me taraude un peu, Arjun qui s'en charge dit qu'il ne peut rien faire tant qu'il n'a pas de confirmation absolue de présence des équipes étrangères (ce qui ne dépend pas de nous pour les VISAS), donc il ne veut pas s'engager dans quelque chose qu'il ne peut pas tenir, ce qui est totalement juste mais il ne reste qu'un mois pour réunir le tout... On a un budget majoré de 30 000€ pour le tournoi. Mais bon je reste optimiste et je lui fait confiance.

En Inde il faut éviter de paniquer, rien ne semble prêt jusqu'au dernier moment où tout se goupille bien comme par magie, c'est assez stressant mais l'adage '"Tout est bien qui finit bien" est de mise en principe donc j'espère que ce sera le cas.


De mon côté, je rentre en France le 29 février pour 3 mois visiblement et il va falloir que je mette ce temps à profit pour créer de nouveaux partenariat avec le bilan que je sortirai de ces 6 premiers mois qui est il me semble très positif, je vais essayé d'organisé des petits évènements pour faire parler de l'asso, et en même temps récolter des fonds. Donc préparez vous là as en France, je compte sur vous à mon retour pour vous mobiliser!

Vous pouvez aussi suivre le projet sur Facebook sur Pierre à l'édifice ou sur Twitter @PierrealEdifice. 

mardi 22 novembre 2011

Goa

Goa c'est mon meilleur souvenir de vacances, j'y étais allé avec mon colloc de Bangalore Ben pour un long weekend en avril 2008 et ça avait été simplement parfait!

Donc quand on nous a proposé de participé (moyennant 30 000 roupies) à un tournoi international de rugby à 10 là bas c'est avec enthousiasme qu'on a accepté! Le tournoi se déroulant le vendredi et samedi en parallèle avec le HSBC Asian 7's Tournament Goa (une étape de la compétition de rugby à 7 asiatique) qui se joue le samedi et le dimanche je suis arrivé le mercredi après midi alors que mes joueurs arrivaient le lendemain soir afin de profiter un peu avant la compétition, mais j'avais bien en tête de profiter aussi après le tournoi.

Jour 1 et 2 (mercredi et jeudi): le calme avant la tempête.

A mon arrivée, je rejoins Panaji la capitale de Goa où va se jouer le tournoi, je retrouve Pepsi, Chotu et Lee qui sont là depuis plus d'une semaine dans le cadre d'un camp d'entrainement de l'équipe d'Inde pour le tournoi international à 7, je vais  loger avec eux ce soir là. Au moment où j'arrive ils sont sur le point de partir à l'entrainement, je pose mon sac, me change (il fait très chaud par ici) et les rejoins sur le terrain qui est 200 mètres plus loin. Là je rencontre Anish, un indien de Goa qui doit avoir 25-26 ans qui a pris la présidence du club de rugby (enfin qui est en train de le créer...) et qui a un joli projet en tête. Je rencontre aussi Izzy le coach de l'équipe d'Inde, il est de Singapour et bosse pour l'IRB, il a été envoyé ici car l'Inde n'avait pas d’entraîneur... J'assiste à l'entrainement, il sont seulement 11 pour le camps alors qu'ils devraient être au moins 14 pour pouvoir faire des oppositions et des entraînements complet. Après deux heure sous la chaleur, l'entrainement prend fin et je rentre au logement avec l'équipe, je connais la majorité d'entre eux de mon précédent périple indien, il y a 4 types de l'armée, 2 gars de Bombay Gymkhana et un garçon de Jungle Crows. Il se trouve que le logement est vraiment limite, surtout pour un camp de sélection nationale, pour l'anecdote, un autre camp séjournait dans la structure, une sélection de district moins de 16 ans d'athlétisme...



Le lendemain je vais louer un scooter à la journée et me voilà parti sur les route de Goa en direction des plages, pour y arriver je dois prendre le ferry, c'est plutôt sympa. Je prends ensuite la direction de plage dont j'ai entendu parlé puis à un moment je m'enfonce dans une petite rue à partir de la route principal et je vais à scooter le maximum possible. Je laisse ce dernier quand la route s'arrête et prend le sentier de sable fin qui commence à ce niveau. Après 300 mètres de marche j'y suis! Devant moi l'Océan Indien et les plage de Goa!


Mon premier réflexe est d'aller tremper mes pieds dans une eau qui doit frôler les 30°. Ensuite ne sachant pas où je me trouve je demande à la 1ère personne qui passe sur quelle plage on se trouve. Il se trouve que c'est un français qui s'appelle Romain, qui vient de Clermont et qui est un grand amateur de rugby, il est en vacance en Inde. Etant seul tout les deux on décide de continuer ensemble. C'est vraiment un amoureux du ballon ovale et il est content de rencontrer ce sport en Inde, je l'invite à passer lors du tournoi. On passe donc la journée ensemble, je lui fais découvrir le Butter Chicken et les Noix de Coco et on parle rugby.


Après une journée à alterner entre bronzette et trempette, on rentre, je dépose Romain à son logement et je retrouve mes joueurs à leur entrainement. Après ce dernier je change de chambre pour aller dans l'hôtel où l'on va résider avec l'équipe de Delhi, c'est bien mieux que le logement de la sélection et pas pour autant beaucoup plus chère je suppose! Les gars arrivent le soir à 23h30, ils sont crevés et ça se voit, les 36h de train sont éprouvantes pour les organismes. Je ne les embête pas trop, leur fixe juste l'heure du rdv pour le lendemain.

Jours 3-4-5: qui a dit vacances?

Donc le lendemain, je les retrouve à 10h30 pour la remise des maillots, je glisse un petit mot à chacun et leur annonce que notre objectif sur ce tournoi est la victoire, en effet, on s'est inscrit à un tournoi international mais il n'y a finalement que 6 équipes, deux de Bangalore, deux de Mumbaï,, une de Chatisgar et la notre, donc bien qu'ayant une équipe jeune et manquant d'experience, je pense tout de même qu'on peut remporter le tournoi si l'on montre une bonne cohésion et si on est intraitable en défense. On nous a dit que le tournoi commencerait à 13h donc je vais pour 11h30 au terrain avec le groupe pour que l'on mange un bout avant de jouer, là bas rien n'est prêt, le terrain est très dur, les lignes ne sont pas tracées et le déjeuner pas là donc on est obligé d'attendre, on nous dit que le coup d'envoi du premier match est décalé à 13h30... Donc pendant l'attente je retrouve mes anciens joueurs de Bangalore que j'ai entraîné en 2008, tous les cadres sont là, ils sont venus avec la grosse équipe. Ça me fait plaisir car ils sont content de me voir, certains n'ont pas changé d'autre beaucoup. Vers 12h30 les repas arrivent enfin et les lignes ne sont toujours pas finis on nous dit que l'on repousse le début des match à 14h, on nous donne aussi notre poule, on jouera contre la seconde équipe de Mumbaï et ... Bangalore le tout en 1h, à 14h puis à 15h avec des mi-temps de 10 minutes.

J'avais mis en contact la fédé indienne de rugby avec une ONG avec qui j'avais travaillé à Delhi et qui est basée à Goa leur suggérant de profiter de l'exposition du tournoi international pour faire un programme avec les enfants. Ils sont donc rentré en contact et ont arrangé un programme, pendant les trois jours de tournoi, des enfants venant de différents orphelinats ou d'écoles spécialisés vont se succéder sur le site pour assister aux matchs et participer à des initiations au rugby. Et il se trouve qu'il ont pensé à moi pour m'occuper de tout cela. Je n'ai bien sur pas dit non et j'ai même accepté avec plaisir mais ce que je ne savais pas c'est qu'il y aurait 3 sessions par jours avec 50 gamins au moins par session à gérer et faire ça à deux c'est vraiment usant. Qui plus est on m'a demandé d'arbitrer des match du tournoi à 10 et d'être arbitre de touche ou d'en-but pour le tournoi à 7...



A 14h on est prêt à entrer sur le terrain quand le responsable de la fédé indienne vient nous voir pour nous dire qu'ils n'ont pas finit de tracer les lignes et que l'on doit encore attendre 15 minutes, alors là je dis que c'est chiant (à ma manière), et leur fait savoir que je ne suis pas content, il se met sur ses grands chevaux et commence à me dire que notre tournoi n'était pas parfait loin de là (alors qu'il disait à la fin de ce dernier que c'était le meilleur tournoi organisé depuis longtemps en Inde) et que si je n'étais pas content on pouvait partir... Vu son comportement je n'ai pas voulu m'énerver pour ne pas dire tout ce que je pensais, il faut savoir que la fédération indienne est assez corrompu et despotique, pas mal d'argent accordé au rugby indien n'est jamais redistribué, et ils sont 2 en haut de l'organigramme, Pramod Khanna le Président élu depuis 2001 et qui depuis cette année n'a plus organisé les élections pour la tête de la fédération qui devraient avoir lieu tous les deux ans, avec lui, il y a Nasser Hussain, qui n'est pas un mauvais bougre mais qui se place un peu partout ainsi que son club Bombay Gykhanna, c'est le joueur emblématique et historique de l'équipe d'Inde qui continue à jouer devant les caméra, enfin il y a beaucoup de politique dans cette fédération (comme dans beaucoup d'autre je suppose), et les Delhi Hurricanes se posent en combattant de l'inégalité pour un rugby indien juste!

Bref, passons cette aparté, on a finalement commencé notre match à 14h45... J'ai bien pu motiver mes joueurs leurs disant qu'on se foutait de nous, qu'ils ne nous respectaient pas, etc, etc. Résultat 39-0 pour nous, l'équipe en face était jeune et peu expérimenté, mes joueurs jouent un peu seul mais vu l'opposition on s'en sort bien. Le temps de faire un petit debrief, je m'en vais m'occuper des enfants amené par l'ONG, là l’entraîneur de l'équipe d'Inde me donne une sorte de programme avec différents exercices et une progression à suivre, exactement ce que j'ai fait avec mes coachs à Delhi sauf que cette fois-ci les rôles sont inversé. En même temps, on donne aux enfants des T-shirts et casquettes aux couleurs du sponsors du tournoi international. La session se passe bien et dés que l'on finit, je file voir mes boys pour les préparer au match suivant que l'on enchaîne. Ca me fait bizarre de voir mes nouveaux joueurs contre mes anciens sur le terrain, et la différence d’expérience se fait rapidement sentir, mes joueurs sont enthousiaste mais se consomme trop dans les rucks, les joueurs de Bangalore plus puissant physiquement usent moins de personnes dans ces phases et c'est logiquement que l'on se prend des essais en bout d'aile à cause d'infériorités numérique. On perd lourdement 29-0.

Après le débriefing j'invite mes joueurs à rentrer à l'hôtel et se reposer, moi je vais m'occuper d'un nouveau groupe de jeune, j’enchaîne ensuite avec l'arbitrage du dernier match de la journée. On est qualifié pour les demi-finale que l'on jouera le lendemain contre Bombay Gymkhana. Je rentre épuisé à l'hôtel, le temps de prendre une douche je réunis tous les joueurs pour leur expliquer les plans du lendemain et pour les convoquer 1 à 1 dans ma chambre pour des entretiens individuels pour dresser des bilans personnels et collectifs de la journée et aussi pour donner des objectifs. Après cela, j'ai rendez vous à l'hôtel de luxe où résident toutes les équipes du tournoi international pour un briefing arbitrage, je ne suis vraiment pas motivé, même si arbitrer ne me dérange pas l'arbitrage de haut niveau est vraiment prise de tête pour moi. Donc après cette "formalité", je rentre enfin me reposer un peu, je me prends à manger en chemin. Il est 23h30 je suis lessivé!

Samedi matin, rendez vous 8h45 au terrain, le tournoi commence à 9h30, mes joueurs ont pour consigne d'être là pour 11h30 ayant notre match à 13h. Les équipes arrivent au fur à mesure, il y en a 8 répartis en 2 groupes: Hong Kong, Emirats Arabes Unis, Singapour et Iran dans l'un et Chine, Kazakhstan, Emirats Arabes Unis Shaheen et bien entendu l'Inde dans l'autre. J'arbitre en tant qu'arbitre de touche le second match de la journée entre Singapour et EAU, il y a un sacré niveau, et les physiques sont impressionnants, certains gars sont "normaux" comme peuvent l'être des rugbymen mais d'autres sont vraiment sur-gaillard! Après le premier match de la journée, le premier groupe d'enfant arrive  et qui s'en charge bien sur?! Pierre! Ça se passe toujours aussi bien mais ma voix commence à me faire défaut, non pas que je crie après les enfants, mais il faut montrer beaucoup d'enthousiasme et parler fort pour que le groupe de 50 enfants puisse entendre (comprendre c'est moins sur!), heureusement j'ai un indien avec moi qui ré-explique les consignes en Hindi pour bien s'assurer que tout le monde comprend. Après cette session je ré-arbitre un match en tant qu'arbitre d'en-but et je vais enfin retrouver mes joueurs.



Romain que j'ai rencontré sur les plage le jeudi est venu, il est super content de voir du rugby et surtout une compétition comme celle là ici en Inde, il ne s'y attendait pas mais il est ravi!

Je  meurs d'envie de jouer, déjà parce que j'aime ça et ensuite car personne dans mon groupe prend les clés du camion, tous étant jeunes et sans expérience, il sont très (trop) enthousiaste et ne savent pas se réguler notamment la charnière. Donc après avoir demandé confirmation, il se trouve que je suis autorisé à joué. Donc je me place en demi-d'ouverture, je suis totalement inexpérimenté à  ce poste mais mon physique, ma technique et l’expérience du rugby me permettent quand même à ce niveau d'orienter le jeu convenablement.

Donc on commence le match contre cette équipe de Bombay Gymkhana qui a beaucoup d’expérience, qui est lourde et physique. Notre enthousiasme est toujours le même que la veille, on se consomme moins mais toujours trop, et encore une fois les décalages se font aux ailes où nos ailiers ne restent pas en face de leur vis à vis et vont défendre sur des joueurs déjà marqués, résultat à la mi-temps, 17-0 contre nous et ma blessure au genou datant de mon premier entrainement avec les Hurricanes refait surface. Je serre les dents et encourage mes joueurs. Les joueurs de Mumbaï étant usés et fatigués on attaque la seconde mi-temps on inscrivant un essai en première intention après une mêlée, on en marque un autre 3 minutes plus tard. Mais hélas on ne peut pas en marquer d'autre et le match se finit sur un score de 17-10, on jouera la 3ème place contre la seconde équipe de Bangalore alors que la première jouera la finale.

Je continue mon marathon avec les enfants, j'arrive à m'extraire de l'arbitrage mais ma voix est décidément en vacances. Pour le match de la 3ème place, je ne commence pas laissant mes joueurs prendre leurs responsabilités mais après une première mi-temps pénible, je rentre en 9 et fait rentrer un type qui était avec nous en tant que supporter mais qui est très bon et très puissant en 2nde ligne. Résultat, on a gagné toutes les mêlée en seconde période mais souvent (par manque d’expérience) je me suis fait chahuté à la sortie, n'ayant pas de 3ème ligne pour me protéger. J'arrive toutefois à réguler le jeu et on prend le dessus, on gagne le match pour la 3ème place 12-0. Pour l'anecdote Bangalore a remporté largement la finale contre Bombay Gym.

On assiste à la remise des prix, on me remet la mini-coupe du plus "Français", je ne sais pas trop ce que ça veut dire, ensuite j'invite tous mes joueurs à se retrouver sur la plage en début de soirée avec des bières pour passer un bon moment ensemble.

Dans l'autre compétition, l'Inde a galéré dans son groupe, finissant 3ème, place non éliminatoire car toutes les équipes sont qualifiées pour les quart de finale, seulement ils joueront contre le deuxième de l'autre groupe: EAU. Hong Kong et la Chine ont vraiment impressionné.

Le soir tous les membres de l'équipe sont présent, on passe 2h sur la plage, certains sont attaqués par l'alcool et me racontent toutes leur pensées, enfin on passe un bon moment. A 22h30, Anish vient me récupérer et on part faire la fête dans des bars branchés de la côte Goanaise, retour 5h30...

Debout à 9h30, les joueurs m'ont d'abord dit qu'ils voulaient aller à la plage, moi ça m'arrangeait, je les accompagnerais et ça m'éviterait d'être l'homme à tout faire du tournoi. Mais au derniers moment ces derniers me disent qu'ils veulent aller voir l'équipe d'Inde jouer, donc pas le choix j'ai du aussi y aller. Et rebelote pendant toute la journée j'ai enchaîné les groupes d'enfants, j'étais totalement HS! J'ai quand même eu le temps entre midi et deux d'aller me balader dans Panaji, la vieille ville et je me suis vraiment régaler dans ce quartier à fort accent portugais, l'empreinte lusitanienne est encore omni-présente ici bien qu'ils aient quitter la région il y a plus de 50 ans, la TV portugaise est toujours diffusée et les noms des Goans sont à sonorité portugaise. Je finis ma visite par le marché qui contrairement à Delhi sent bon le poisson frais et la viande, il y a de tout, c'est vraiment sympa!



Je retourne au stade, finit mes missions, Hong Kong a gagné la compétition en étrillant la Chine en finale, l'Inde a elle finit avant-dernière, mes 3 joueurs n'ont rien à se reprocher, ils ont été des moteurs de l'équipe contrairement aux gars venant de l'équipe de l'armée qui ne se sont pas investis. Je pense (et ne suis pas le seul) que l'équipe des Hurricanes aurait fait mieux que l'équipe indienne dans ce tournoi avec une préparation similaire. 

Après la remise des prix, je suis rentré à l'hôtel, j'ai rendu le scooter qui aura vraiment utile et super cool d'avoir. Mon avion est à 20h40, je retrouve mes 3 internationaux dans le hall de départ, ils prennent l'avion juste avant le miens. Je rentre chez moi à minuit et demi je suis mort, j'essaye de me mettre à jours de 5 jours sans nouvelles, sans info via internet (dépendance...) et je m'éteins rapidement.

Ce tournoi aura été très limite dans son organisation et son contenu mais il aura tout de même apporté du temps de jeu et de l’expérience à des joueurs qui n'ont pas forcement l'occasion de beaucoup jouer en match officiel en principe. Pour ma part je finis cette semaine sur les rotules, depuis avant mon départ je suis malade et ça ne s'est toujours pas arrangé, je tousse comme un fumeur. Je n'aurais pas pu profiter réelement de Goa bien que j'ai beaucoup apprécié, sans aucun doute j'y retournerai!

Maintenant rentré plusieurs dossiers chauds m'attendent à Delhi, outre régler tout le confort de mon appart (eau, électricité), je dois lancer la seconde école de rugby de la ville pour les école britannique, française et américaine, lancer les entraînements dans les écoles autour du terrain mais surtout, je dois aller à Ranchi dans le Jarkhand, on a trouvé personne pour y aller donc mercredi je reprends l'avion pour rejoindre mes moins de 20 ans qui vont jouer le tournoi de leur catégorie de rugby à 7. Retour samedi soir et dimanche tournoi familiale de touché.

Le scooter à Goa m'a vraiment donné envie d'en faire, j'ai donc pris le scooter à vitesse et suis parti sur les routes pour apprendre à gérer la bête, et c'est plus facile que je ne le pensais, c'est bon je conduis le scooter à Delhi maintenant, à moi la liberté!



Vous pouvez aussi suivre le projet sur Facebook sur Pierre à l'édifice ou sur Twitter @PierrealEdifice. 

dimanche 6 novembre 2011

Bilan après 2 mois en Inde

Ce bilan reprend celui du premier mois avec des chiffres ajoutés et d'autres modifiés selon les évolutions:


1 : Comme la place que l'on a obtenu suite au All India 7s tournament que l'on a organisé. On a eu un parcours de rêve marquant 203 points en 5 matchs et encaissant en même temps 32 points. Victoire en finale contre Army Red.



3: soit le nombre d'écoles de rugby que l'on veut faire tourner, une déjà existante sur notre terrain actuel où une trentaine d'enfants viennent tous les weekend, une seconde à l'école britannique pour toucher les enfants de cette école, ceux de l'école française et ceux de l'école américaine, soit pas mal d'expatriés, et une troisième dans l'ouest de la ville si j'ai bien compris pas loin de Bawana, un quartier d'où viennent une vingtaine de joueurs de notre groupe senior.



4 : le classement obtenu suite à notre défaite en demi-finale des All India 15s à Mumbaï du 10 au 16 septembre face à Army Red qui a gagné par la suite le tournoi. Cela reste le meilleur résultat jamais obtenu par l'équipe dans cette compétition.

7 : le sport sur lequel on va essayé de mettre l'accent dans le futur suite à notre titre et pourquoi pas participer à des tournoi internationaux?!

10: on va faire un tournoi international de rugby à 10 dans deux semaines à Goa. Cette version du jeu est pratiquée dans les pays où le sport est en voie de développement et où ils ne disposent pas toujours de 15 joueurs pour faire une équipe.

24: le nombre de followers de l'association sur Twitter.

62 : comme le nombre de jours depuis mon arrivée.

71: Soit le nombre d'article publiés sur ce blog depuis sa création.

90 : soit le nombre d’enfants que l’on vise pour l’école de rugby que l’on a lancé, la première en Inde.

150 : comme le nombre d’enfants dont on s'occupe sur 3 sessions par semaine dans une école dépendant d’une ONG qui vise à la réinsertion des enfants en échec scolaire.

198 (anciennement 68): comme le nombre de personnes qui aiment la page Facebook du club (https://www.facebook.com/pages/Delhi-Hurricanes/263502333683217). On en a profité pour lancer aussi un nouveau site internet (www.dhrfc.com) et un compte Twitter (@DelhiHurricanes)

404 (anciennement 373): soit le nombre de personnes qui aiment ma page facebook.

1180: le nombre de lectures sur le nouveau site web du club que je tiens avec Gilles.

1200 (euro) (anciennement 170€): comme le cumul des dons fait à l’association pour son fonctionnement (6 comme le nombre de donateurs), en contrepartie, j’ai avancé pour l’association 2000€ pour financer tout ce qui est départ, assurances et matériel ce qui n’est qu’un début…

3650 (anciennement 2732): comme le nombre de lectures sur mon blog depuis 6 mois.

Après deux mois, la situation est globalement la même que le mois dernier, sauf que les chiffres gonflent, un changement majeur est à noté depuis 1 mois c'est qu'aujourd'hui nous sommes champion d'Inde de rugby à 7 ce qui constitue le premier titre en première division pour le club qui en dégage beaucoup de fierté. Je suis toujours à fond dans ma mission qui me régale toujours autant, plus que tout dans les clous de mon projet associatif. 

Vous pouvez aussi suivre le projet sur Facebook sur Pierre à l'édifice ou sur Twitter @PierrealEdifice. 

lundi 23 mai 2011

Le Rugby à VII

Le rugby à VII autrement appelé Rugby Sevens est une forme de rugby pratiquée avec quasiment les mêmes règles que le rugby à XV à quelques exceptions prés.

Ce sport est plus spectaculaire que sont cousin car moins de joueurs sur le terrain, donc plus de mouvement, de technique et un format plus court (joué sur 2 mi-temps de 7 minutes chacune) et par conséquent plus attractif. Ces raisons ont contribué au choix du Comité International Olympique d’intégrer ce sport au programme des Jeux Olympiques de Rio en 2016.

Cette décision est très bénéfique pour ce sport encore trop méconnu du grand public et qui va donc bénéficier d’une exposition non négligeable. De nombreux pays vont le développer  afin d’être compétitif en 2016. C’est le cas de l’Inde qui depuis 2008 appuie fortement sur ce sport car en 2010, les jeux de Commonwealth qui se sont déroulés à Delhi ont accueilli un tournoi de rugby à VII où l’équipe du pays a pu voir la différence qui la séparait du haut-niveau représenté pas les Néo-Zélandais, les Anglais ou autres Gallois.

La compétition majeure de rugby à VII est le IRB Sevens World Series qui comporte plusieurs manches et où les nations majeures s’affrontent sur toute la surface du globe (Las Vegas, Hong Kong, Dubaï, etc.).  Les nations majeures sont la Nouvelle Zélande, les Fidji, l’Angleterre, le Pays de Galles, l'Afrique du Sud et en Europe, le Portugal.

Je vous invite à regarder un match de l’équipe indienne lors des Jeux Asiatique contre la Malaysie on peut constater que l’Inde a encore beaucoup de progrès à faire:





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